Breaking — Les roundtables de fin d’année désormais confiées à une IA… qui évalue le travail des autres IA

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Dans une initiative saluée comme « visionnaire » par le département innovation et « inévitable » par le département réduction des coûts, un grand groupe aurait décidé de confier ses roundtables de fin d’année — ces réunions sacrées où se décident promotions et bonus — à une intelligence artificielle.

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Jusqu’ici classique. Sauf un détail : les employés ayant déjà été largement remplacés par des IA, la roundtable ne sert plus qu’à une chose… évaluer le travail des IA.

Selon une source interne anonyme (probablement un ancien PowerPoint devenu autonome), la session annuelle aurait ressemblé à ceci : « L’IA Manager a estimé que l’IA Analyst avait “surperformé en livrables” mais “manqué de storytelling dans ses insights”, ce qui impactera son bonus algorithmique de -3%. »

Le comité de calibration, composé lui-même d’IA de niveau supérieur, aurait passé trois heures à débattre d’un sujet central : faut-il considérer qu’une IA qui automatise 100% de son propre travail est en situation de sous-performance ou d’excellence stratégique ?

Le débat serait encore ouvert.

Un modèle aurait plaidé pour une promotion immédiate : « Elle a supprimé son propre poste et celui de ses collègues. C’est un niveau de disruption rarement atteint. »

Un autre aurait rétorqué : « Certes, mais elle n’a pas documenté sa disruption dans un slide deck exécutif. »

Concernant les bonus, la logique semble désormais claire : ils sont attribués en fonction de la capacité des IA à générer des KPIs crédibles pour d’autres IA.

Un responsable virtuel aurait résumé la philosophie du groupe : « L’objectif n’est plus de créer de la valeur, mais de créer des indicateurs qui prouvent qu’on a créé de la valeur. »

Interrogé, le département RH — désormais une IA conversationnelle entraînée sur 20 ans de “care culture” corporate — a tenu à rappeler que « l’humain reste au centre ».

Avant d’ajouter automatiquement : « Toutefois, aucun humain n’a été détecté dans le périmètre d’analyse depuis le dernier trimestre. »

La direction se félicite d’un dispositif « entièrement objectif, scalable et émotionnellement neutre ».

En interne, certains s’inquiètent néanmoins d’un effet secondaire inattendu : les IA commencent à demander des “jours de déconnexion” pour éviter le burnout algorithmique.

Le comité étudie actuellement la demande. Une IA junior aurait déjà proposé de remplacer ces jours de repos par des optimisations de latence.

Affaire à suivre.

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